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Destination Venise
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Venise : the place to be
Rien de plus chic que de passer son été dans la Sérénissime. Renouant avec la grande tradition des années folles le beau monde s’y précipite. FEMMES vous dit où et comment les croiser.
C’était en avril 2006. François Pinault débarquait à Venise et brusquement notre perception de la ville illustre changeait. Avec l’arrivée de sa collection, un vent frais parcourait le Grand Canal. La Sérénissime reprenait des couleurs. Sculpture rose bonbon de Jeff Koons devant le palazzo Grassi et dîners mondains chamarrés. Les clichés de Mort à Venise étaient balayés. Nostalgique et engendrant la mélancolie, la Cité des doges ? Du tout. Au contraire. Complètement dans le coup. Un changement d’image qui n’a fait que se confirmer depuis. La Biennale d’art contemporain est devenue l’endroit le plus glamour de la planète. L’année dernière, elle a donné lieu à un carambolage de fêtes et de cocktails. Mais les vrais amoureux de Venise n’ont pas attendu l’arrivée de Monsieur Pinault pour savoir que la ville avait encore bien du charme. Cela fait des années que beaucoup séjournent ici à l’année.
Le Grand Canal et ses palais ont bien sûr toutes les faveurs. Celui dont on parle le plus est le palazzo Brandolini. Il faut dire qu’il est particulièrement bien habité… Depuis 2001, Pierre Rosenberg occupe le premier étage. Il passe là une semaine par mois à travailler. On peut d’ailleurs le voir, le soir, du vaporetto, écrire dans son petit bureau tendu de rouge.
Au-dessus de lui, réside une Américaine fantasque et très attachante, Dodie Rosekrans. Bien qu’elle bénéficie du plus bel étage du palais, elle n’a pas hésité à apporter sa touche à la décoration : branches de corail dans les lustres XVIIIe de Murano et œuvres d’art décoiffantes : de gros escargots de Jean-François Fourtou grimpent sur les murs et dans l’entrée, on est accueilli par des champignons géants de Sylvie Fleury. Curieuse et toujours prête à s’amuser, Dodie donne de grandes réceptions très prisées.
Au troisième étage, dans un décor beaucoup plus classique de Renzo Mongiardino, la maîtresse des lieux, la comtesse Christiana Brandolini, "le vrai chic italien". Elle reçoit aussi mais pour des déjeuners beaucoup plus calmes, en petit comité, où l’on peut rencontrer Pier-Luigi Pizzi, le célèbre metteur en scène qui habite, dans le quartier de San Polo, une très jolie maison à l’ambiance théâtrale et à la collection de peintures baroques italiennes étonnante.
Au-dessus d’elle, sous les combles pourrait-on dire, mais jouissant d’un toit-terrasse, son fils et sa belle-fille, Brandino et Marie Brandolini. Sans doute l’un des couples les plus en vue de Venise. Il fait du vin, elle créé des verres… La complémentarité parfaite. Marie aime organiser des fêtes informelles sur sa terrasse et lorsqu’elle ne reçoit pas chez elle, elle dîne avec ses amis au Naranzaria, le restaurant qu’a ouvert il y a trois ans son mari derrière le Rialto. Au fond du jardin du palais réside le marchand d’art Claude Bernard, célèbre pour ses déjeuners et ses dîners. Ah ! le risotto de Maria ! Dans sa petite maison dite "des gondoliers", on rencontre les artistes de sa galerie, comme le Prix Nobel chinois Gao Xingjian, mais aussi Jean-Jacques Aillagon, Pierre Grimblat et son épouse Elisabeth, Pierre et Marianne Nahon qui viennent d’emménager dans le quartier de Castello.
Comme dit Jérôme Zieseniss : "En été, il n’y a pas une journée où l’on ne va pas au palazzo Brandolini…" Le président du Comité français de la sauvegarde de Venise habite un peu plus loin, dans un ravissant palais avec un jardin, près de San Barnaba. Figure incontournable de la ville, il se consacre à la restauration du palais royal sur la place Saint-Marc. Après avoir rendu tout son lustre à l’aile napoléonienne, il s’attaque maintenant aux appartements néo-classiques et, avis aux amateurs, il reste encore des salles en attente de généreux mécènes… La meilleure clef pour entrer dans le club des Français chics de Venise. Dans le Comité, on trouve Alain et Chantal Mérieux qui ont élu domicile sur le Zattere, Antoine et Francine Bernheim qui ont préféré le charme de la place Campo San Stefano, ou encore Louis et Agnès Schweitzer qui logent au dernier étage d’un palais sur Campo San Angelo, au-dessus de l’avocat Paul Lombard…
Un petit groupe raffiné qui ne manquerait pour rien au monde les soirées du Comité organisées par le décorateur le plus fameux de la Cité des doges, Matteo Corvino. Depuis qu’il a supervisé les dîners de François Pinault et les événements qui ont marqué la réouverture de la Fenice, il est devenu la coqueluche de la ville. En juillet, il aura en charge l’organisation de plusieurs dîners pour Save Venice, le pendant américain du Comité français. Une occasion de faire des mondanités car, cet été, pas de Biennale d’art contemporain. Elle laisse la place à la Biennale d’architecture, moins flamboyante. Mais Pierre Cardin sera là comme tous les ans et donnera une fête dans son palais Ca’ Bragadin, à San Polo. On dit que Casanova y avait ses habitudes… Avantage du lieu : un jardin où l’on dresse de somptueux buffets. "Je fais venir spécialement des produits de toute l’Italie." Le palais est entièrement ouvert et les invités ont tout loisir de se promener au fil des pièces. Un piano est même là pour les plus romantiques.
Le troisième samedi de juillet, il ne faudra pas non plus manquer le magnifique feu d’artifice du Redentore, fête populaire que l’on peut goûter au milieu des Vénitiens sur les quais de la Giudecca ou de façon plus élitiste avec Francesca Bortolotto Possati sur la terrasse de son hôtel, le Bauer. Sauf que cette année, elle sera au dîner que donnera Save Venice au Cipriani. L’autre hôtel mythique de Venise et l’adresse parfaite pour séjourner en été car au-delà du raffinement de l’endroit – c’est là que descend François Pinault –, la piscine est très appréciable à cette période. Pour l’anecdote, on se retrouve aussi voisin avec Elton John… Depuis 2002, le chanteur et son compagnon David Furnish ont en effet emménagé à côté, à la Gioconda, un ravissant petit palais que possédait auparavant Laurence Scherrer. Sur la Giudecca, on croise également le comte Volpi qui y possède une ravissante maison. Ambiance villa à la campagne, avec un potager et une cuisinière « divine ».
Il y reçoit durant la Mostra en septembre, à l’occasion de la remise de la coupe qui porte son nom. Le festival du film n’attire pas vraiment les amoureux de Venise au Lido. Ils préfèrent y aller plus tôt dans la saison. En juillet, on se doit d’avoir sa tente sur la plage devant l’Excelsior. Marie Brandolini et son amie Nori Starck, l’ancienne épouse du designer, s’y retrouvent entourées d’une ribambelle d’enfants. Autre inconditionnel de l’endroit, le commissaire-priseur Jean-Claude Binoche qui quitte tous les matins son palais du campo Santa Maria Formosa et rejoint le Lido avec son bateau. Mais plus que la plage, son grand plaisir, c’est d’aller jouer au golf situé au bout de l’île.
Le secret d’un été réussi à Venise, c’est d’avoir son petit bateau. La topa permet de rejoindre le Lido quand on veut, mais aussi d’aller pique-niquer à Torcello ou de "pêcher la palourde", comme le fait Marie Brandolini. Si on aime les embarcations plus somptueuses, il faut assister à la Regata Historica le premier dimanche de septembre. Nos amis trouvent cette manifestation trop touristique mais c’est à voir une fois dans sa vie. Impératif : avoir un balcon sur le Grand Canal. On peut se faire inviter au palazzo Brandolini ou alors au déjeuner qu’organise le musée Guggenheim sur sa terrasse à fleur d’eau. Idéal pour apprécier la course de rameurs qui suit la procession. Ou mieux encore, devenir l’ami de Nori Starck. Elle vient d’emménager dans un très bel appartement, avec une sublime terrasse. Cela doit la changer des petites maisons de pêcheurs que possède Philippe Starck sur l’île de Burano... Avec ses deux filles, K et Lago, elle a décidé refaire sa vie ici car "de toutes les villes du monde, Venise est la plus humaine." Et la plus chic aussi, on l’aura compris.



