- AAA Taille de texte
- Envoyer à un(e) ami(e)
- Imprimer cette page
- Ajouter un commentaire
Sexe, mode et clichés
Sex & the City sur grand écran, c'est plus "fashion" et moins "trash"...
Synopsis de Sex & the City, le film
L’auteure à succès Carrie Bradshaw est sur le point d’épouser son Big lover. Mais coup de théâtre : le mariage n’a pas lieu… Carrie déprime. Une longue prise de conscience s’amorce. Les quatre égéries du libertinage moderne n’ont d’autre choix que de rester fidèles à elles-mêmes. Samantha refuse de s’assagir, Charlotte s’épanouit dans la maternité, Miranda apprend à faire des compromis et Carrie noircit les pages d’un nouveau livre !
Critique de Sex & the City, le film
Sex and the City, le film vient conclure l’indispensable série des années 90. Carrie & friends ont aujourd’hui plus de 40 ans et ne sont plus célibataires. Mais les quatre New-Yorkaises arborent toujours fièrement leur féminisme.
Problème : en dehors de ses liens avec la série, le film existe peu par lui-même. Il manque de rythme et tire en longueur (2h25).
La première partie - la préparation des noces - ressemble à une interminable séance de shopping façon Pretty Woman. Carrie fait sa princesse et essaie les robes de mariée des plus prestigieux créateurs : accords marketing obligent, chaque marque, de Lanvin à Viviane Westwood, a droit au même temps à l’écran ! Carrie accepte de poser pour Vogue, renonçant par là même à son métier de journaliste : en acceptant de devenir l’interviewée, l’auteure perd un peu de son prestige…
Après le mariage raté – qui intervient au milieu du film – les clichés s’enchaînent. Les quatre copines partent en voyage au Mexique, où, à grand renfort de tequila, Miranda, Samantha et Charlotte tâchent de redonner le sourire à Carrie, tombée dans le mutisme. Mais "seule une situation vraiment comique la sortira de sa torpeur", annonce l’héroïne. Ce n’est pas le baiser du prince qui réveille Carrie mais un ressort comique bien trivial : Charlotte change la donne avec ses problèmes intestinaux…
À l'exception de quelques scènes d’anthologie (Samantha nue couverte de sushis faits main pour envoûter son amant le soir de la Saint-Valentin ou bavant devant son voisin dionysiaque qui s’appelle Dante), cette comédie girly a perdu son mordant. Même si le quatuor défend toujours l’idée qu’il faut être soi, en dépit des conventions, le message est édulcoré. Le ton n’est plus corrosif, décalé ou jubilatoire. Les héritières de la Merteuil sont devenues des quadras un peu libérées et très romantiques.
Surtout, le format pose problème. Était-il bien judicieux de vouloir utiliser les mêmes recettes au cinéma qu’à la télévision ? Dans les six saisons de la série, la construction de chaque épisode reposait en effet sur un rebondissement très efficace, permettant à Carrie d’alimenter son étude anthropologique. Là, la verve critique a disparu.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe dans la société, vous ne l’apprendrez pas dans ce film.



