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Mathieu Amalric : en « Tournée » et à Cannes !
Pour la première fois à Cannes en tant que réalisateur, Mathieu Amalric présente « Tournée », un film impressionniste…
Il fait figure d’icône du cinéma d’auteur (Desplechin and co..) et est célébré un peu partout, y compris côté James Bond (« Quantum of Solace »). Acteur désormais populaire, Mathieu Amalric, depuis ses débuts, cherche pourtant à assouvir d’autres fantasmes, ceux de metteur en scène.
Ses premières tentatives derrière la caméra ( « Le stade de Wimbledon », « La chose publique ») témoignaient d’un tempérament singulier. Son nouveau film (« Tournée ») lui donne l’occasion, via sa présence à Cannes en compétition, de faire parler de lui avec une autre ampleur.
Petite moustache louche, costard mal taillé et liasses de billets dans les poches, Joachim (interprété par Amalric lui-même) emmène ses girls en tournée pour des spectacles de strip-tease vaguement cocasses.
Peu à peu, le désarroi du personnage apparaît. On devine que l’homme connut son heure de gloire télévisuelle des années auparavant. On le découvre criblé de dettes, cible des ressentiments de ses ex-amis et compagnes. On le voit aussi en papa à la ramasse. Récupérant ses deux rejetons pour quelques jours et ne sachant pas comment assumer son rôle de paternel.
Bref, Joachim erre… Et le film l’imite. « Tournée » collectionne les impressions, les états d’âme. Ces partis-pris donnent au film son charme et son originalité. Et Amalric, acteur, a le chic pour entraîner les faiblesses de son personnage dans des zones drolatiques, même si on devine, derrière la fantaisie, des zones d’ombre inquiétantes et un furieux mal-être…
Hélas, refrain connu, les qualités du film finissent par se retourner contre elles-mêmes. À force de refuser les autoroutes dramatiques pour fréquenter les routes secondaires du récit, le cinéaste se contente de flirter avec ses thèmes.
« Tournée » fonctionne comme une succession de saynètes. Intermittentes, irrégulières, légères... Au final, la séduction exercée par le film n’a d’égal que la frustration qu’il suscite. Dommage…
« Tournée », de Mathieu Amalric. Sortie le 30 juin.



