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"La possibilité d'une île" de Michel Houellebecq
Personne n’a vu le film au cinéma… Heureusement, voici une seconde chance, à ne pas rater.
Pourquoi La possibilité d’une île, malgré le succès international de l’écrivain, a t-il connu un tel échec lors de sa sortie en salles ?
On se souvient que, avant même que quiconque ait assisté à une projection, tout le monde s’acharnait à prédire le navet. Lassitude ? Jalousie ? Mauvais concours de circonstances ? En tout cas, on n’a pas voulu pas croire à la possibilité d’un Houellebecq réalisateur qui adapterait lui-même son roman.
Et pourtant, il n’y a pas que des mauvaises choses dans cette singulière œuvre d’anticipation, bien au contraire. Certes, il ne faut pas s’attendre à une comédie désopilante, même si Houellebecq ne s’est pas privé d’insérer quelques plans de jolies filles se trémoussant au bord d’une piscine et d’Arielle Dombasle en combinaison moulante. L’auteur n’a pas choisi la facilité.
Dans ce film le ton est froid, l’ambiance glacée. Mais il règne au cœur de ces images une grande beauté, des paysages grandioses et des décors superbes où l’on peut admirer l’architecture de Rem Koolhaas. Du mystère, aussi. Le gourou tout de blanc vêtu d’une secte minuscule promet à ses adeptes « le bonheur et la vie éternelle pour tous ».
Il est question de clonage, d’extraterrestres, de néo-humains capables, tels les plantes, de se nourrir d’eau et de lumière. Contrairement au roman où se croisaient Daniel 1 et Daniel 25 (24e descendant, via le clonage, de Daniel 1), on assiste ici aux événements dans l’ordre chronologique. Ce n’est d’ailleurs pas forcément plus simple, mais depuis quand reproche t-on aux artistes d’oser expérimenter d’autres formes de narration ?
A nous, maintenant, d’être curieux !
La possibilité d'une île de Michel Houellebecq avec Benoit Magimel, Patrick Bauchau, Ramata Koite, Andrzej Seweryn (1 h 26)



