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Eastwood, de nouveau étonnant !
Dans ‘’Invictus’’, Clint Eastwood filme l’Afrique du Sud à la fin de l’apartheid. Son nouveau héros ? Un certain Nelson Mandela…
Un an à peine après avoir triomphé avec ‘’Gran Torino’’, une de ses fictions les plus personnelles, l’inusable Clint Eastwood revient sur nos écrans avec ‘’Invictus’’, un film qui ne ressemble (presque) en rien à son prédécesseur… 1994. Nelson Mandela est élu à la présidence de la république d’Afrique du Sud. Un événement inimaginable quelques années plus tôt, dans une nation marquée au fer rouge par l’apartheid et le racisme d’état. Devenu président, Mandela vit avec une obsession : éviter la guerre civile et convaincre les citoyens noirs de ne pas devenir les bourreaux de leurs ex-tortionnaires. La prochaine coupe du monde de rugby, organisée en Afrique du Sud, lui donne l’occasion d’imposer sa vision politique et morale de son pays. Avec la complicité de François Pienaar, capitaine de l’équipe locale de rugby (sport jusqu’alors réservé aux blancs), il entreprend de transformer le rendez-vous sportif en manifeste humaniste… Inspiré de faits évidemment réels, ‘’Invictus’’ donne l’occasion à Eastwood de rendre un hommage vibrant à Mandela, mythe moderne auquel le cinéaste prête toutes les vertus. Hagiographique, le film donne à voir la réconciliation d’un peuple, uni derrière son équipe et un même idéal de paix. La reconstitution d’une époque et le message d’ ‘’Invictus’’ ne laissent place à aucune ambiguïté. À la manière d’un John Ford ou d’un Frank Capra, le cinéaste signe un biopic politique qui, forcément, se finit bien (victoire des Springboks ; triomphe de la tolérance). Un rien naïf ? Certes. Pourtant, même si Eastwood a fait (beaucoup) mieux dans sa longue carrière, le film, sur le fond comme sur la forme, demeure plus que respectable. Le cinéaste, malgré son ‘’énorme’’ sujet, n’oublie pas les singularités de ses personnages en route et, sous sa caméra, Mandela (génialement interprété par Morgan Freeman) n’est pas seulement un héros, mais aussi un homme, avec sa fragilité, ses doutes, sa part d’enfance... Tournée par un autre, cette histoire édifiante se serait probablement transformée en saga indigeste. Envisagée par Eastwood, elle mérite le détour deux fois plutôt qu’une.
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Invictus |
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