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Le portrait : Emilie Dequenne
La chance sourit toujours à Emilie Dequenne, qui dès son premier film, à dix-huit a reçu le prix d'interprétation à Cannes pour Rosetta, des frères Dardenne.
C'était il y a dix ans.
Depuis on ne peut s'empêcher de lui coller le rôle à la peau, même si elle tourne trois films par an. Etre associé à ce point là à un personnage : est-ce une chance ou un poids ? « Je sais que c'est un rôle qui me suivra toute la vie, dit-elle. Et j'en suis heureuse, même si souvent on imagine que j'ai été découverte par les Dardenne dans la rue, dans un état proche de celui de Rosetta ! »
Dans La fille du RER d'André Téchiné, librement inspirée d'un fait divers où une jeune fille s'est inventé des agressions antisémites pour attirer l'attention, Emilie Dequenne joue la jeune mythomane, qui a réussi au-delà de ses espérances. Et renoue avec un rôle titre.
Avant même qu'André Téchiné lui propose le rôle, Emilie Dequenne avait en tête l'histoire et la manière dont les politiques n'ont pu s'empêcher de s'y engouffrer. « J'étais persuadée que cette jeune fille mentait. Mais mon personnage est très différent de la jeune femme qui l'inspire. Dans le film, je ne suis pas mère, par exemple. »
Emilie Dequenne est joyeuse. Il faut dire qu'avec à ses côtés Catherine Deneuve, Mathieu Demy, Ronit Elkabetz, Nicolas Duvauchelle, et derrière la caméra, AndréTéchiné, cette fille du RER est particulièrement bien entourée.
La fille du RER, un film d'André Téchiné avec Catherine Deneuve, Mathieu Demy, Ronit Elkabetz, Nicolas Duvauchelle (1h45).



