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"Un si beau voyage" de Khaled Ghorbal
Une fable sur l’exil et la solitude d’un migrant, porté par un Farid Chopel exceptionnel de grâce.
C’est un film qui prend son temps mais ce n’est pas un film lent. Un film qui ne séduira pas d’un coup les foules, mais qui peut faire son chemin pour peu qu’il reste à l’affiche. Un film entièrement porté par la grâce et l’allure de Farid Chopel, mort d’un cancer foudroyant peu de temps après le tournage.
On ne connaissait pas cet acteur plutôt comique – ça arrive, la notoriété est toujours relative –, on le découvre dans le rôle d’un immigré à la retraite qui a passé toute sa vie en France et qui découvre qu’il est atteint d’une maladie incurable. Où est sa place ? « Retournez au pays », lui conseille le docteur. «Je ne peux plus vous couvrir » lui dit le directeur du foyer.
Le pitch manque de piquant ? Peut-être mais le spectateur s’en fiche, tant il est tout entier tourné vers l’élégance de cet homme qui n’a rien accumulé et qui a donc peu à laisser, vers cette vie faite de gestes répétées sur les chantiers, qui tout d’un coup font entendre leur inanité. On peut reconnaître un cinéaste à ce qu’il n’a pas peur de filmer la solitude et la soudaine étrangeté à soi. Khaled Ghorbal est de ceux-là.
Le film est divisé en deux parties : la France, avec un certain bonheur, une femme qu’il aime, des amis, puis, le retour à la terre natale, second exil plus âpre. Des paysages désolées défilent tandis que le retraité ne parvient plus à rencontrer les siens. Mohammed cache son secret jusqu’à la mort. Il a appris à aimer le pays qu’il doit quitter, il doit réapprendre à vivre dans celui où il est né et où il choisit de mourir. Soyez les premiers à faire de ce beau film le succès qu’il mérite !
Un si beau voyage de Khaled Ghorbal avec Farid Chopel



