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"Les herbes folles" et la sélection

02.11.2009

Resnais au sommet

Alain Resnais, 87 ans, ne cesse de surprendre et d’enchanter. La preuve avec « Les herbes folles », son nouveau film facétieux et fascinant. Attention, chef-d’œuvre !

Olivier de Bruyn

Il y a un demi-siècle, son patronyme rimait avec intellectualisme radical. Aucune chance de réjouir ses zygomatiques en évoquant Hiroshima mon amour ou Providence. Aujourd’hui, Alain Resnais, 87 ans et une inspiration juvénile au beau fixe, démontre que les grands artistes ne signent pas toujours leurs œuvres les plus graves en fin de parcours. Ses films (Smoking, No Smoking, On connaît la chanson) restent profonds, métaphysiques même, mais leur fantaisie espiègle et leur charme prohibent l’esprit de sérieux. La preuve avec Les herbes folles, un nouveau sommet. Soit l’histoire, dixit Resnais, de « personnages qui suivent des pulsions totalement déraisonnables, comme ces graines qui profitent de l’asphalte en ville pour pousser là où ne les attend pas. »

Quelles sont ces nouvelles graines ? Voici Marguerite (Sabine Azéma), à qui l’on vole son sac à la sortie d’un magasin. Et voilà George (André Dussollier), qui tombe sur ledit sac et entreprend de retrouver sa propriétaire. La bonne intention civique tourne rapidement à l’obsession passionnelle, hilarante et inquiétante. George ne pense plus qu’à Marguerite. Marguerite résiste, puis s’alarme quand George semble moins pressant. Qui sont-ils vraiment, ces deux protagonistes a priori anodins ? L’argument du scénario (d’après L’incident, de Christian Gailly) tient sur un demi-confetti, mais le cinéaste met en scène une aventure qui ne ressemble à rien de connu.

Dans des décors ordinaires (pavillon, parking, commissariat) sublimés par des couleurs lumineuses héritées du cinémascope, les deux personnages rêvent de baisers hollywoodiens tout en ressassant fantasmes, souvenirs d’enfance et folie pas forcément douce. La mise en scène multiplie les artifices et les subterfuges. Resnais joue avec les clichés du cinéma, les genres, fait le grand écart entre le dérisoire apparent de son script et l'ampleur majestueuse de sa mise en scène.

La simplicité des Herbes folles camoufle des zones d'ombres qui déstabilisent délicieusement. Au final, un film vertigineux qui donne à rire, à réfléchir et laisse pantois. Même excellence du côté des acteurs. Azéma et Dussollier, fidèles de la maison Resnais, rivalisent d’invention. Leurs jeunes partenaires (Mathieu Amalric, Emmanuelle Devos, Edouard Baer) les imitent. Ne cherchez pas de film plus stimulant à l’affiche, il n’y en a pas !

Affiche du film Les herbes folles d'Alain Resnais

Les herbes folles
Un film de Alain Resnais
Avec Sabine Azéma, André Dussollier, Mathieu Amalric, Emmanuelle Devos, Anne Consigny, Edouard Baer
Durée : 1h44

Les autres films à voir :

Affiche du film The Box de Richard Kelly avec Cameron Diaz

 

Affiche du film Away we go de Sam Mendes

 

Affiche du film Visage de Tsai Ming-liang avec Laetitia Casta

The box

Un film de Richard Kelly
Avec James Marsden, Cameron Diaz, Frank Langella, James Rebhorn
Durée : 1h55

 

Away we go

Un film de Sam Mendes
Avec John Krasinski, Cheryl Hines, Maya Rudolph, Allison Janney, Maggie Gyllenhaal
Durée : 1h38

 

Visage

Un film de Tsai Ming-liang
Avec Laetitia Casta, Fanny Ardant, Lee Kang-sheng, Jean-Pierre Léaud, Jeanne Moreau, Nathalie Baye, Mathieu Amalric
Durée : 2h18

Norma et son époux mènent une vie paisible dans une petite ville des Etats-Unis jusqu'au jour où une mystérieuse boîte est déposée devant leur domicile. Quelques jours plus tard, se présente l'énigmatique Arlington Steward qui leur révèle qu'en appuyant sur le bouton rouge de la boîte, ils recevraient un million de dollars, mais cela entraînerait la mort d'un inconnu...

 

Lorsque Burt et Verona apprennent qu'ils vont devenir parents, c'est la panique. Ils détestent la ville de province où ils habitent, et maintenant que les parents de Burt déménagent, plus rien ne les y retient. Ils décident alors de partir à la recherche de l'endroit parfait où fonder leur famille.

 

Un réalisateur taïwanais tourne l'histoire du mythe de Salomé au musée du Louvre. Bien qu'il ne sache ni l'anglais ni le français, il tient absolument à confier le rôle du roi Hérode au comédien Jean-Pierre Léaud. Pour donner à ce film quelque chance de box office, la production confie le rôle de Salomé à une top-modèle de renommée internationale. Mais dès le début du tournage, les problèmes s'accumulent...

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