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"Les murs porteurs", Cyril Gelblat

01.07.2008

"Les murs porteurs" de Cyril Gelblat

Cyril Gelblat s'élève par son travail. Après deux courts métrages ("Ages ingrats" et "Le ballon prisonnier"), le scénariste et réalisateur signe son premier long, "Les murs porteurs", avec Miou-Miou et Charles Berling.

Lorène de Bonnay

Synopsis des "Murs porteurs" de Cyril Gelblat
Chronique du temps qui passe… Frida, ashkénaze âgée de 75 ans, perd de plus en plus la mémoire. Un jour, elle retourne à son ancien appartement, loué depuis 25 ans, convaincue d’y retrouver son mari décédé. Elle fait la connaissance de l’actuelle locataire, Manou.
Pour les enfants de Frida, Judith et Simon, ce retour vers le passé fait ressurgir blessures, peurs et désirs.

Critique des "Murs porteurs" de Cyril Gelblat
Pour son premier long-métrage, Cyril Gelblat met en scène trois générations de femmes et choisit d’évoquer une communauté culturelle. Il réalise pourtant un film transgénérationnel et dénué de tout communautarisme. Et pose des questions universelles : c’est quoi la famille, le devoir de mémoire, la transmission ?
Les "murs porteurs" renvoient à l’appartement symbolique de l’enfance : c’est le fondement de l’identité d’une famille, le lieu de la mémoire. Le début et la fin du film montrent que cet espace psychique ne cesse de faire retour : les personnages y habitent ou y reviennent.
Des micro-récits se succèdent et s’entremêlent : sur Frida, la relation parents-enfants, les désirs de Judith, les questions existentielles que la locataire se pose sur la famille.
Miou Miou incarne merveilleusement Judith, une femme très maternelle, qui assume frontalement la déchéance de sa mère. Son jeu subtil fait ressortir l’énergie vitale et la fragilité du personnage. Face à elle, Charles Berling confère une sensibilité presque féminine au personnage de Simon, qui intériorise davantage ses émotions. Giovanna Mezzogiorno et Shulamit Adar sont également vibrantes de justesse. Bravo pour le casting.
Le réalisateur entre dans l’intimité des personnages grâce à des cadrages très serrés, sur les yeux, la peau notamment. Le thème du regard (celui des personnages observateurs, celui de la caméra) est fondamental. L’enchaînement des plans souligne aussi l’aspect profondément charnel des liens familiaux (Simon au lit avec son amie / Simon faisant la sieste avec sa mère, la mère qui nourrit son fils / la fille qui nourrit sa mère).
Un film vraiment émouvant, qui évite les pièges du pathos. À découvrir.

"Les murs porteurs" de Cyril Gelblat (Zelig Films Distribution) - Sortie cinéma le 09 juillet 2008

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