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« Pain, amour et fantaisie » de Luigi Comencini
Une savoureuse comédie baignée du soleil d’Italie et de la sensualité de Gina Lollobrigida.
La France des années 60 a eu Le Gendarme de Saint-Tropez, l’Italie des année 50 a eu les carabiniers de Pain, amour et fantaisie… A sa sortie en 1953, le film a eu un tel succès, qu’il engendra immédiatement une suite.
A la redécouvrir 50 ans plus tard, on éprouve une certaine crainte : cette comédie a-t-elle gardé tout son sel ? Il suffit de quelques minutes pour s’apercevoir que oui. Ce charmant marivaudage est même un miracle de joie et de fraîcheur. Le pain, c’est ici la seule nourriture ; la fantaisie, c’est le seul plaisir… Et l’amour ? L’amour, c’est Gina Lollobrigida pieds nus courant la campagne en robe tachée ; Gina Lollobrigida trop maquillée pour sa condition de sauvageonne ; Gina Lollobrigida en Carmen sentimentale, amoureuse d’un brigadier, éclatante de sensualité et éblouissante de sincérité.
Il y a aussi le soleil qui baigne ce village perché de l’Italie du sud. Ici les gens n’ont rien et vivent entre le souvenir des bombardements de la seconde guerre mondiale et la peur des tremblements de terre. Ils se distraient en épiant leurs voisins et en priant. Quoique l’indiscrétion et la dévotion version Comencini tiennent plutôt de l’altruisme et du communisme.
De la grande ville, Sorrente, arrive le nouveau chef des carabiniers (Vittorio De Sica), un coq de village qui court les filles pour fuir sa mélancolie.Sillonnant le village sur son vélomoteur, il sème le trouble dans le cœur de femmes, amuse la galerie et, touché par la grâce de la Fantassine (Gina Lollobrigida), fait triompher l’amour et la justice. Désuet ? Surtout merveilleusement réjouissant.
Pain, amour et fantaisie de Luigi Comencini, avec Gina Lollobrigida, Vittorio De Sica, Roberto Risso, Marisa Merlini - 14,99 euros.



