- AAA Taille de texte
- Envoyer à un(e) ami(e)
- Imprimer cette page
- Ajouter un commentaire
Volée de moineaux
A Hong Kong, "Sparrow" désigne bien moins le moineau que le pickpocket. Alors quand Johnnie To dit de la caméra qu'elle aussi "se fraye un passage entre chemins de traverse oubliés et immeubles anciens, afin de mieux débusquer tout ce qui est nouveau dans la ville", on se demande de quel "sparrow" le réalisateur nous parle... Réponse après la projection d'un film de haut vol.
Le réalisateur d’Election (l’équivalent asiatique du Parrain de Coppola) rend hommage à Hong Kong via cette comédie où l’intrigue minimale – quatre pickpockets tombent amoureux d’une femme fatale – sert de prétexte à un exercice de style euphorisant. L’inépuisable Johnnie To prouve qu’il aime les situations burlesques, les partitions musicales utilisées à la manière de voix off, les séquences millimétrées qui laissent aux acteurs la possibilité de se déployer dans l’espace. Il évoque aussi le conflit entre le bien et le mal et signe un morceau de bravoure virtuose sous forme d’un diabolique ballet de malfrats énigmatiques, armés de parapluie, qui s’affrontent, le temps de traverser une rue, la nuit sous la pluie.



