Culture | Cinéma | 

Une histoire du tango

01.10.2008

Renaissance du tango argentin

Un festival de tango a scellé il y a bientôt dix ans le destin de la réalisatrice Caroline Neal à celui du musicien Ignacio Varchausky, aujourd’hui son mari et personnage au cœur d’"Une histoire du tango".

Lorène de Bonnay

Synopsis d’Une histoire du tango (Si sos brujo) de Caroline Neal
Une histoire émouvante de filiation, de musique, de passion…
Un jeune contrebassiste, Ignacio Varchausky, crée une « École-Orchestre de Tango » à Buenos Aires, parrainée par le mythique musicien et chef d’orchestre Emilio Balcarce. Son vœu est de jeter une passerelle entre les générations, d’assurer une continuité entre les styles flamboyants du tango d’après guerre et les sons d’aujourd’hui.

Critique d’Une histoire du tango (Si sos brujo) de Caroline Neal
Une histoire du Tango est le digne héritier de Buena Vista Social Club, version tango. La même émotion, la même justesse, la même fascination pour la transmission orale du patrimoine musical d’un pays. Seul bémol, la construction du film est également similaire : cette impression de déjà-vu entrave en partie le plaisir du spectateur.
Le film s’ouvre sur un constat qui tourne à l’obsession : les maestros de l’âge d’or du tango argentin (années 40 et 50) ne sont pas éternels. Leur savoir risque de disparaître et le lien avec les générations actuelles de se rompre. Il faut donc apprendre de ses pères avant qu’il ne soit trop tard. Et le faire dans un orchestre. Car la mémoire est d’abord orale, la musique vivante. Copier des partitions éditées ne permet pas d’appréhender la variété des arrangements autour d’un même morceau, d’accéder aux techniques musicales, au style et à l’interprétation.
Le contrebassiste Ignacio Varchausky se donne donc pour mission de jouer le passeur, le chaman, entre la mémoire des anciens et l’enthousiasme des jeunes musiciens argentins – tel est d’ailleurs le sens du sous-titre « Si sos brujo » qui signifie « si tu es sorcier » (c’est aussi le nom d’un célèbre tango d’Emilio Balcarce).
Le film raconte le projet fou du jeune musicien (recréer un orchestre de tango à la fois exigeant et populaire) et montre son élaboration : de la rencontre avec Emilio, au concert de consécration finale donné par Orquesta Escuela de Tango, en passant par l’histoire des musiciens, des instruments (comme le bandonéon) et des styles.
Voix off et écriture documentaire permettent de pénétrer au cœur du lyrisme. Celui de la musique, celui des hommes. Le spectateur se plonge ainsi avec délice dans les tangos cultes de Carlos Di Sarli, Aníbal Troilo, Osvaldo Pugliese, Juan d’Arienzo et autre Horacio Salgán. Il entend aussi les confidences d’Emilio Balcarce, ce violoniste, bandonéoniste et compositeur virtuose de 87 ans : « Ignacio a ranimé le tango, m’a ranimé moi ! On peut vivre longtemps et mal mais il vaut mieux vivre moins et intensément. Personnellement, je pourrais jouer éternellement… »
Empreint de grandeur et de nostalgie, Une histoire du tango sauve de l’oubli et de la globalisation, ce patrimoine immatériel qu’est l’art du tango argentin. Mieux, il le fait revivre.

Une histoire du tango (Si sos brujo) de Caroline Neal (Bodega Films)
Sortie cinéma le 1er octobre 2008

Commentaires
Please wait...
Please wait...
Publicité

© 2007 Prisma Presse - Tous droits réservés | Conditions générales d'utilisation | Crédits | Contacts | Publicité | Ma page My Femmes | Flux RSS Flux RSS |

Un site du groupe Prisma Presse (G+J Network) - Ça m'intéresse - Capital - Ce soir TV.com - Cuisine Actuelle - Prima Cuisine Gourmande - Femme Actuelle - Gala - GEO - GEO Ado - Guide Cuisine - Management - Mon voyageur - Prima - Programme TV.net - Télé-Loisirs - Télé 2 semaines - TV Grandes Chaînes - Voici - VSD

Autres sites : Mots fléchés - Programme télé - People - Stars