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Gregory Crewdson chez Templon.
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Sous la surface des roses, l’envers du rêve américain.
Gregory Crewdson, star montante de la photographie, présente ses tous derniers travaux à la galerie Daniel Templon. Une exposition incontournable.
Gregory Crewdson est un touche à tout. Adolescent, il appartient à un groupe de musique punk et ses chansons sont utilisées dans la pub. Etudiant, il se met à la photographie d’une manière transdisciplinaire.
Ses influences sont multiples. On peut citer Edward Hopper pour la peinture, Erwin Olaf ou Jeff Wall pour ce lien si particulier entre photographie et peinture, mais on ne peut pas exclure des grands noms du cinéma comme David Lynch, Steven Spielberg ou encore Hitchcok.
Gregory Crewdson associe toutes ces références pour créer une œuvre profonde à la frontière de la photographie, de la peinture et du cinéma.
Fils de psychanalyste, il lui est arrivé d’entendre les confessions de certains des patients, et ce sont ces névroses qui ressortent aujourd’hui dans les photographies exposées.
Parlons-en de ces photographies. Que dire face à de tels monuments ?
Il y a tout d’abord les personnages, figés dans une attente ou une résignation, dans un mouvement, une pensée comme un film pris en cours de lecture. Les corps sont vivants mais les esprits semblent à la limite de la mort, de l’agonie. Nous ne pouvons nous empêcher de les observer et d’attendre leur prochain mouvement, comme si l’histoire allait continuer sous nos yeux.
Et puis il y a l’image. La technique de Crewdson est digne des plus grands cinéastes : maquilleurs, éclairagistes, décoration : le résultat s’en ressent et ce sont des images sans fond qui s’offrent à nous. Essayez d’avancer pour capter un détail, la profondeur de l’image s’étirera aux rythme de vos pas.
Le regard est perdu dans cet océan de détails où la lumière semble jaillir de nulle part : ce placard entrouvert qui diffuse une lumière tamisée, que renferme-t-il ? Nous rebondissons sans cesse de perspectives en perspectives : un miroir laisse voir une partie cachée d’une pièce qui s’ouvre sur une deuxième, les portes s’entrouvrent sur d’autres parties du même univers, les paysages sombres s’éclairent dans un coin où l’on découvre une femme nue qui attend devant une cabane…
L’une des forces de Gregory Crewdson est cet univers riche, intarissable. Son autre atout se situe surement dans son talent à retranscrir le malaise de la société dans ces personnages à la fois charismatiques et désespérés, à l’image de cette jeune fille stoïque qui regarde sa mère, étendue, les yeux dans le vide.
Gregory Crewdson, Beneath the Roses
Galerie Daniel Templon, jusqu’au 25 avril.
30 rue Beaubourg, Paris 3ème.
01 42 72 14 10



