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"Saules aveugles, femme endormie" d'Haruki Murakami
Ce traducteur de Francis Scott Fitzgerald, John Irving et Raymond Chandler avait remporté un succès immédiat et le prix Gunzo pour son premier livre, "Écoute le chant du vent" (1979), resté inédit en France. Plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature et traduit dans plus de trente pays, Haruki Murakami est aujourd'hui un auteur culte au Japon. "Saules aveugles, femme endormie", sa dernière publication, réunit plusieurs de ses nouvelles, anciennes et inédites.
Le galet qui rebondit sur l’eau crée des cercles de plus en plus larges : l’écriture simple, limpide et étrange d'Haruki Murakami produit le même effet. Car d’un simple effleurement, l’auteur culte au pays du Soleil-Levant réussit à nous plonger au plus profond des êtres comme si nous pouvions pénétrer leurs songes.
Que fait cette femme sous un saule aveugle, comment partager une flaque d’eau un matin tranquille, pourquoi ce gardien d’école a-t-il tellement peur de son reflet ?
Maître de l’illusion, d'Haruki Murakami créé le mystère en faisant cohabiter des événements qui n’ont pas vocation à l’être. L’acte le plus anodin renferme un élément décalé d’où jaillira l’étonnement. Il n’y a pourtant nul fantastique ici, car chacune des 23 nouvelles de ce recueil trouve sa source dans la vie quotidienne. C’est à cette nuance que s’apprécie le talent.
Saules aveugles, femme endormie d'Haruki Murakami
Traduit du japonais par Hélène Morita
Belfond, 470 p., 21,50 €



