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interview de Jean-Marc Roberts

28.05.2008

Tout un Stock

Jean-Marc Roberts, directeur des éditions Stock, célèbre les 300 ans de la maison en répondant aux questions de FEMMES.

Nathalie Six

FEMMES : Trois siècles d'existence, ça se fête ?
Jean-Marc Roberts : C'est intimidant ! Je ne suis là que depuis 10 ans, donc très peu par rapport à l'ancienneté de la maison. Nous avons organisé le 4 février dernier une représentation unique de La Ronde d'Arthur Schnitzler, jouée par des auteurs de la maison. Cette pièce mythique a été rééditée en mai dans une nouvelle traduction.

FEMMES : Comment se porte cette vieille dame ?
Jean-Marc Roberts : Très bien. Nous sommes bénéficiaires depuis cinq ans et nous avons eu une année exceptionnelle en 2007, ça fait du bien.

FEMMES : Quels sont vos prochains défis ?
Jean-Marc Roberts : Eviter l'inflation dans la publication : lorsque je suis arrivé dans la maison, Stock publiait 220 titres par an, aujourd'hui, elle en publie 90. C'est suffisant si l'on veut continuer à accompagner chaque auteur avec le même soin. Je veux faire des choix cohérents, de qualité, éviter le people et le trash.

FEMMES : L'édition va mal ?
Jean-Marc Roberts : Je ne me suis jamais plaint. Je fais un métier extraordinaire, et nous ne sommes pas le domaine le plus touché par la crise, je pense notamment au téléchargement qui fait beaucoup de tort à la musique. Personnellement, je suis résolument contre. Seuls les livres audio trouvent grâce à mes yeux, pour les gens qui n'ont pas le temps de lire, cela peut donner envie ensuite d'acheter le texte.

FEMMES : Votre plus grand plaisir d'éditeur ?
Jean-Marc Roberts : La lecture d'un manuscrit envoyé par la poste qui fait mouche. Le moment où je passe un coup de téléphone à l'auteur inconnu pour lui dire qu'il va être publié.
Ce fut le cas pour Blandine Le Callet qui a vendu 80 000 exemplaires de son premier roman La Pièce montée, et 150 000 en poche.

FEMMES : Si vous êtes éditeur, vous êtes aussi écrivain. Quand trouvez-vous le temps de tout faire ?
Jean-Marc Roberts : J'écris depuis toujours et j'ai publié mon premier livre, Samedi, dimanche et fêtes en 1972, plus d'un an avant de devenir éditeur. C'est une question d'habitude. Editer est mon métier, et l'écriture est ma respiration. J'ai un rapport plus névrotique au travail : l'activité d'éditeur est plus exposée, celle d'écrivain, plus silencieuse.

FEMMES : N'existe-t-il pas d'antagonisme entre les deux ?
Jean-Marc Roberts : Non, je ne me suis jamais auto-publié, ce serait une aberration. J'ai toujours alterné entre Grasset et le Seuil pour éviter ce piège. C'est aussi une des raisons pour lesquelles je n'ai jamais voulu travailler dans une trop grande maison, afin de conjuguer les deux activités.

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