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Le trombinoscope du web
À la manière (mais sans l'art) de MySpace, le site Facebook fait une photographie du monde étudiant ou en devenir : parce qu'à cette première période de sa vie active, chacun a besoin de reconnaissance. Alors pourquoi certains ne lui en témoignent-ils déjà plus ?
Facebook Vs MySpace
Facebook se présente à la face du monde comme MySpace : un site de réseau social. Comme MySpace (à ses débuts), Facebook est voué à rassembler des personnes évoluant dans une même sphère "professionnelle". Comme MySpace, peut-être même mieux, Facebook connaît un succès croissant et un nombre d’adeptes exponentiel – le site répertoriait 70 millions de membres en juillet dernier. Toutefois, MySpace et Facebook n’ont vraisemblablement rien en commun et se distinguent l’un de l’autre en tous points. Créé en 2004, exclusivement pour les étudiants de l’université la plus prestigieuse et la plus riche de la planète, Harvard (Cambridge, Massachussetts, États-Unis), le réseau privé Facebook se propage ensuite à d’autres grandes écoles puis est partagé avec les nouveaux diplômés (jeunes employés et militaires) des pays anglophones uniquement, avant de s’ouvrir aux élèves de la Terre entière en 2007 du moment qu’ils suivent des études supérieures ou sont déjà à la recherche d’un emploi : une limite fixée par ses concepteurs. Peut-être la seule. Résultat : les détracteurs de Facebook distribuent les mauvais points…
Vice de fabrication
En effet, au nom de la défense des droits de l'homme et de la vie privée de chacun, plusieurs organismes d’intérêt public s’insurgent contre Facebook et fustigent ses développeurs qui s’approprieraient des données personnelles à seule fin de les revendre à des établissements privés. En acceptant lors de son inscription le règlement de Facebook, l’internaute et futur utilisateur consent – mais en a-t-il conscience ? – que l’on accède à ses informations : état civil, cursus, centres d'intérêt, liste et coordonnées d’amis, mais aussi qu’elles soient cédées à des tiers : achetées par des entreprises commerciales (qui étendent leur listing et ciblent leur marketing) et mises à disposition des autorités fédérales. Pis encore, l’adhérent autorise Facebook à obtenir de possibles renseignements supplémentaires le concernant (dans la presse, les blogs...) et à détenir les éléments chargés sur le site (messages, photos…) comme le pouvoir légal de les exploiter.
Parmi les "applications" (fonctionnalités du programme), toutes optionnelles, proposées par Facebook, le système Beacon, du logiciel publicitaire Facebook Ads, était récemment imposé à la communauté. Et rapidement dénoncé par des associations de défense des consommateurs. Beacon offrait notamment la possibilité aux annonceurs partenaires de Facebook d’aviser les "amis" d’un membre de ses dernières actions (ses achats en ligne, principalement). "Nous avons commis beaucoup d'erreurs avec cette fonctionnalité", a publiquement déclaré, début décembre, le P.D.G. de Facebook, avant de retirer définitivement Beacon des "applications".
Enflé d’une réussite proportionnelle aux débats sans emphase qu’il suscite, Facebook fait encore aujourd’hui bonne figure…



