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Kings of the world (music) (1/2)
Le très singulier duo Bumcello régalera bientôt le public du Festival Jazz à la Villette – qui s’ouvre aujourd’hui. En répondant aux questions de FEMMES.com, Vincent Ségal (violoncelle) et Cyril Atef (percussions) vous font goûter aux fruits de leurs impros : leur dernier album, "Lychee Queen", et leur passion pour la scène, ce royaume des deux.
FEMMES : Digne successeur de vos précédents albums, Lychee Queen est un disque pluriel, aux sonorités variées. Comment le définissez-vous ?
Cyril Atef : C’est un disque plus soul, plus doux, plus west coast que les précédents parce qu’il a été enregistré par un gars de L.A., l’excellent "Bob" Brown, un "vieux de la vieille", et notre ami de vingt ans, Tommy Jordan. Pour ceux qui nous connaissent bien, Lychee Queen est plus proche de Nude for Love que d’Animal sophistiqué.
FEMMES : C’est aussi l’album pour lequel vous avait fait le plus appel à d’autres artistes renommés, parmi lesquels Chocolate Genius…
Vincent Ségal : Le nom de Chocolate Genius n’est pas connu. Et pourtant, c’est une mégastar : il a tourné avec Bruce Springsteen et David Byrne est l’un de ses plus grands fans ! Parce qu’on est amis depuis longtemps, que j’ai bossé avec la plupart de ceux qui travaillent avec lui, il a accepté de collaborer avec Bumcello sur Lychee Queen. Il a une connaissance de la musique très importante, une voix magnifique ; il a écrit beaucoup de chansons pour d’autres et des textes très pointus mais très bizarres. Il est un peu arty, et en même temps très simple ; à la fois très proche de Sonic Youth et d’artistes plus populaires. C’est un mec super.
Cyril Atef : On fait appel à des gens proches, en se disant : "Ces gars, ils chantent bien. On va leur envoyer le morceau."
Vincent Ségal : Et puis on a donné des "consignes" aux uns et aux autres : on leur proposait les mélodies chantées. Sauf à Tommy qui a tout trouvé tout de suite, et Chocolate, qui est carrément venu composer avec nous. Il y a des mecs, comme ça, qui te proposent des chansons en 15 secondes…
FEMMES : Peut-on parler de Bumcello comme un collectif d’artistes ?
Cyril Atef : Bumcello est un groupe. Et il y a juste un esprit et des potes tout autour de lui – de nous.
Vincent Ségal : Le collectif d’artistes fait tout ensemble, au même moment, au même endroit ; ses membres investissent leur temps et leur argent de façon à peu près commune. Socialement, aussi.
FEMMES : -M- appartient à la famille musicale et amicale de Bumcello. Il vous a fait connaître. Quelles relations entretenez-vous avec lui ?
Vincent Ségal : C’est vrai que le succès de Mathieu [Chedid, alias -M-, ndlr] nous a donné une certaine visibilité. Il nous a fait connaître, mais, d’une certaine façon, on l’a fait connaître aussi grâce au live. Mathieu est l’un des premiers artistes que j’ai rencontrés qui avait les qualités que les gens, dans la variété, n’ont pas : il sait ce qu’il veut tout en laissant beaucoup de liberté et de place à ceux qui l’accompagnent. Cyril a donc toujours pu jouer de la batterie à sa manière, et j’ai moi-même développé des sonorités originales de violoncelle sur des grandes scènes grâce à Mathieu. Après, les gens avec qui il "vit" – travaille – au quotidien forment une famille assez éloignée de nous, de notre univers : on ne peut donc pas parler de collectif puisqu’il n’y a finalement que des proximités avec Bumcello.
Cyril Atef : Mathieu prépare un album avec son jeune frère Joseph et un copain bassiste. On y a mis nos petites touches cet été : des percussions, des cordes, des voix…
Vincent Ségal : On a toujours fait les arrangements de -M-. Mais cette fois, on a vraiment pris notre temps pour le faire.



