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Charlotte Gainsbourg
Charlotte Gainsbourg sort un nouvel album formidable ("IRM") et joue au cinéma sous la direction de Patrice Chéreau. Portrait d’une inclassable.
Mai 2009, festival de Cannes. Charlotte Gainsbourg reçoit le prix d’interprétation pour sa prestation dans le controversé Antichrist de Lars Von Trier. Sur scène, l’actrice, émotion à fleur de peau et de mots, murmure les remerciements d’usage (au jury, à son cinéaste), puis, pudique, ajoute des notations plus personnelles. Un tendre mot pour son compagnon Yvan Attal, pour ses enfants, pour sa mère Jane Birkin. Elle conclut: « Je pense aussi à mon père, qui, j’espère, aurait été fier de moi. Fier et choqué. ».
Transmission et hommage… Charlotte Gainsbourg a beau s’être fait depuis longtemps un prénom et une réputation (les magazines féminins comme les journaux branchés se l’arrachent, la marque Balenciaga l’a érigée égérie), elle n’a jamais cherché à maquiller ses origines. Timide et apparemment vulnérable, elle préfère le chuchotement à la vocifération. Aucun rapport avec l’activisme provocateur de Serge. De son père, Charlotte a pourtant retenu l’essentiel : le goût du risque, la passion pour les métamorphoses.
Elle joue aujourd’hui, excusez du peu, sous la direction de Patrice Chéreau dans Persécution. Une histoire sombre et dérangeante où elle incarne une femme énigmatique, insaisissable. Mais Charlotte Gainsbourg ne s’est pas seulement imposée au cinéma : ses pérégrinations mélodiques font elles aussi l’événement. La preuve : trois ans après 5 :55 (500 000 exemplaires écoulés), elle sort aujourd’hui IRM, un album imparable conçu avec Beck, figure majeure de la scène musicale américaine.
En 12 morceaux, Charlotte Gainsbourg et son acolyte mêlent évidence pop, arrangements raffinés et recherches tous azimuts. La chanson qui donne son titre à l’album fait référence aux examens médicaux que Charlotte dut subir, il y a deux ans, suite à un accident cérébral. Les autres morceaux, en anglais sauf deux exceptions (« Avec l’anglais, je me sens libre », aime-t-elle à répéter), sont du même acabit. Acabit excellent ! Et elle qui semble toujours un rien mélancolique, elle qui déteste l’expression « C’est que du bonheur », chante au détour de son album : « quand on ne rit plus, c’est qu’on ne vit plus. ». Un prix d’interprétation, une belle carrière au cinéma, un album formidable: en effet, pourquoi ne pas rire ?
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IRM - Charlotte Gainsbourg chez Because Music |
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Découvrez la suite du portrait de Charlotte Gainsbourg dans Femmes n° 17, en kiosques |
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