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Susan Saradon
Depuis les années 70, elle promène son charme dans le cinéma américain. Susan Sarandon joue aujourd’hui dans « Lovely Bones », le nouveau film de Peter Jackson. « Femmes » a rencontré la comédienne pour un long portrait… Extraits.
« Je prie pour que mes enfants ne se pressent pas de me rendre grand-mère ! Après les avoir élevés, je goûte enfin à la liberté. Mais un jour viendra... Et bien sûr, je laisserai faire à mes petits-enfants tout ce que leurs parents leur interdisent. ». L’actrice qui évoque ainsi sa future descendance ne triche pas. Ni avec son âge, ni avec son métier, ni avec ses convictions. Susan Sarandon a soufflé ses 63 bougies en octobre dernier. Regard malicieux et sourire ironique, elle en paraît 15 de moins. Au moins ! Et elle symbolise toujours, dans le contexte un rien formaté du cinéma américain, une certaine idée du charme et de la liberté.
« Je mentirais si je prétendais être indifférente au passage du temps, poursuit-elle. Mais je ne vais pas me plaindre. J’ai toujours eu la chance de tourner les films que je souhaitais, en nombre limité afin de rester libre dans ma vie. Mes enfants sont grands, désormais, et je vais encore plus profiter de l’existence. Voyager, m’engager pour des causes qui me semblent justes. Je sais que de très belles choses m’attendent. ». Et Susan Sarandon de décliner, sans trémolos compassionnels, ses engagements. Ces dernières années, elle a été de plusieurs combats: ambassadrice de l’Unicef, compagnonne de route d’Amnesty International, citoyenne opposée à la guerre en Irak, ce qui lui valut, en pleine hystérie nationaliste de l’ère Bush, de crouler sous les insultes. La comédienne raconte qu’elle va prêter main-forte à Michelle Obama dans sa lutte pour les enfants malades, se félicite qu’un George Clooney se décarcasse lui aussi pour d’autres causes que son ego, et, dans un rire, ajoute que, tant qu’elle pourra rendre service, elle ira sur les terrains où prospère cette misère du monde qui l’insupporte. « Je suis une piètre conférencière, ajoute-t-elle, mais si je peux aider, je le fais. »
Par chance pour nous, Susan Sarandon reste également comédienne (et quelle comédienne ! ). Si elle séduit la foule journalistique venue la rencontrer à Londres par son humour et sa disponibilité, elle a une bonne raison pour cela : « Lovely Bones », le nouveau film très attendu de Peter Jackson, le cinéaste triomphant du « Seigneur des anneaux ». En adaptant le roman d’Alice Sebold (best-seller sorti en France sous le titre « La Nostalgie de l’ange »), le réalisateur néo-zélandais change radicalement de registre. Adieu les scènes fantastiques survitaminées, bonjour l’inquiétude métaphysique, l’ambiguïté…
(lire la suite de l’article, dans le numéro 20 de « Femmes », actuellement en kiosques.)
« Lovely Bones ». Sortie le 10 février.



